3 ateliers d’écriture pour s’apaiser après un accouchement difficile (II)

L’écriture a le pouvoir de soigner et cela passe par deux ingrédients complémentaires :

– le geste, sur papier ou le clavier, qui donne matérialité à une pensée,

– la manière de raconter quelque chose.

Ces deux ingrédients nourrissent les vertus libératrices et bienfaisantes de l’écriture, en particulier après une expérience difficile d’accouchement.

Dans la démarche d’écriture, s’imposer des contraintes (ou suivre des consignes) est à la fois un puissant moteur et un solide bouclier.

En effet, la contrainte nous aide à avancer, à explorer la pensée et les émotions tout en nous contenant dans un cadre sécurisant.

Je vous explique plus en détail le pourquoi du comment dans cet article précédent. Je vous y proposais trois premiers canevas pour écrire sur votre expérience difficile d’accouchement.

Voilà ici trois nouveaux ateliers : le premiers sous forme de dialogue, le second sous forme d’acrostiche (poème dont chaque vers commence par chacune des lettres d’un mot) et le dernier sous forme de récit d’un point de vue excentré.

Quel que soit l’exercice choisi, je vous invite à respecter quelques conditions que voici :

– Prenez rendez-vous avec vous-même. Fixez le créneau dans votre agenda (10 minutes peuvent suffire).

– Le moment venu, assurez-vous de ne pas être dérangée et armez-vous de votre stylo préféré. Idem pour le papier : choisissez-le de qualité et en quantité suffisante (car il se peut que vous ayez subitement envie de tout rayer ; dans ce cas-là, prenez une belle feuille neuve).

– Enfin, préparez-vous une boisson réconfortante que vous garderez à proximité.

Ecrire pour s'apaiser après un accouchement difficile

Parler de mon accouchement difficile : dialogue avec mon double

Dans cet atelier, je vous invite à revenir au moment qui a suivi la tempête, quand vous commenciez tout juste à reprendre vos esprits. Imaginez qu’une personne à l’écoute et bienveillante vienne discuter avec vous. Sauf que cette personne, c’est vous.

Viser d’écrire environ une page, ou un échange de dix questions/réponses est ici un bon repère.

Vous pouvez prendre le train en marche et le quitter sans précautions de politesse, cela afin de vous épargner les banalités d’usage lorsque l’on reçoit quelqu’un. Ainsi, le dialogue commencera après le bonjour et finira sans qu’il y ait besoin d’au revoir.

Acrostiche : ACCOUCHEMENT

Ici, il s’agit d’écrire un poème dont les vers commenceront par chacune des lettres du mot accouchement.

Ainsi, vous écrirez accouchement à la verticale et écrirez vos vers les uns après les autres en commençant par la lettre de chaque ligne :

A
C
C
O
U
C
H
E
M
E
N
T

Mon accouchement raconté par la lampe au plafond

Cela peut paraitre loufoque au premier abord, mais cet atelier vous permettra d’adopter un autre angle de vue, probablement salutaire pour apprivoiser votre expérience difficile d’accouchement.

Vous pouvez écrire sur une page environ, plus si vous en éprouvez le besoin. L’idée étant de bien garder le point de vue de la lampe du lieu où vous vous trouver.

Ce ne sera pas forcément la même lampe tout au long du récit. Ce pourra être d’abord celle du plafond de la maison, la petite loupiote de la voiture, ou le néon de la salle d’attente puis le plafonnier de la salle de travail et celui de votre chambre, ou l’inverse selon les évènements.

Ce qui compte dans cet atelier est de garder une continuité dans votre récit tout en ne vous plaçant pas dans la peau de celle qui a vécu l’expérience difficile d’accouchement.

Quel que soit le résultat de vos écrits, souvenez-vous que l’enjeu en l’occurrence n’est pas de produire un texte de valeur littéraire mais de vous donner un espace dans lequel votre esprit peut cheminer en étant guidé et en même temps protégé par les gardes-fous que sont les contraintes.

Et surtout, n’oubliez pas de vous féliciter une fois ce travail réalisé, qui vous aura certainement demander implication et énergie.

Vous êtes sur la bonne voie.

 
 
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